UNE QUESTION ? Contactez-nous gratuitement
La prime à l'autoconsommation est supprimée pour les installations résidentielles.

Le tarif de rachat du surplus s'effondre : ce que change l'arrêté du 1er juin 2026

Si vous envisagez de faire installer des panneaux solaires cet été, lisez ce qui suit avant de signer votre devis.

Un nouvel arrêté publié au Journal Officiel ce 4 juin 2026 vient de bouleverser la rentabilité des installations photovoltaïques en autoconsommation.

Ce qui vient de changer en une phrase

Le tarif de rachat de votre surplus d'électricité passe de 4,73 c€/kWh à 1,10 c€/kWh. Soit une baisse de 77 %.

Et la prime à l'investissement, qui pouvait atteindre 240 € pour une petite installation, est purement et simplement supprimée.

De quoi parle-t-on ?

Quand vous installez des panneaux solaires chez vous, vous avez deux usages possibles pour l'électricité produite :

  1. L'autoconsommer : la consommer en direct dans votre logement (machine à laver, frigo, ballon d'eau chaude…).
  2. Vendre le surplus : ce que vous ne consommez pas est injecté sur le réseau et racheté par EDF Obligation d'Achat à un tarif fixé par l'État, dans le cadre d'un contrat de 20 ans.

Jusqu'au 31 mai 2026, ce tarif était de 4,73 c€/kWh pour les nouvelles installations entre 9 et 100 kWc, et de 4 c€/kWh pour les petites (≤ 9 kWc).

Depuis le 1er juin, c'est 1,10 c€/kWh pour tout le monde.

Un exemple concret pour bien comprendre :

Prenons une installation typique de 3 kWc chez un particulier (8 à 9 panneaux), avec une production annuelle de 3 300 kWh et un taux d'autoconsommation de 30 %.

Cela donne 990 kWh autoconsommés et 2 310 kWh injectés sur le réseau (le « surplus »).

Sur la durée du contrat de 20 ans, la perte cumulée pour cet exemple avoisine 1 900 € rien que sur la vente du surplus et la prime supprimée.

L'indexation à 2 % par an : la seule (petite) bonne nouvelle

Le nouvel arrêté maintient un mécanisme intéressant : votre tarif de rachat augmente de 2 % chaque année à la date anniversaire de votre contrat.

C'est une protection contre l'inflation.

Concrètement, voici ce que ça donne :

Année du contrat Votre tarif
Année 1 1,10 c€/kWh
Année 5 1,19 c€/kWh
Année 10 1,32 c€/kWh
Année 20 1,60 c€/kWh

Sympa sur le papier. Mais quand on part de 1,1 c€/kWh, même +46 % au bout de 20 ans, ça ne fait pas des miracles.

Le plafond des 1 600 heures : à connaître

L'arrêté précise que seule l'électricité injectée dans la limite de puissance installée × 1 600 heures par an est rachetée.

Au-delà, c'est offert gratuitement au réseau.

Pour notre installation de 3 kWc, ce plafond est de 4 800 kWh injectés par an.

Sachant qu'une telle installation produit en moyenne entre 3 000 et 3 500 kWh au total en France métropolitaine… Vous ne risquez pas de l'atteindre.

Ce plafond concerne surtout les installations en vente totale, ou les grosses installations très bien exposées.

Pour le particulier en surplus, c'est une clause théorique.

Ce que ça change concrètement pour votre projet :

Vous l'aurez compris : avec le nouvel arrêté, la rentabilité d'une installation solaire se joue désormais presque exclusivement sur l'autoconsommation, plus du tout sur la revente.

Trois conseils si vous vous lancez :

1. Dimensionnez votre installation en fonction de votre consommation réelle, pas du toit disponible.

Inutile de surdimensionner si c'est pour brader votre production à 1,1 c€/kWh.

Mieux vaut une installation un peu plus petite, mais avec laquelle vous autoconsommez 60 % au lieu de 30 %.

2. Envisagez sérieusement les dispositifs de pilotage.

Ballon d'eau chaude programmable pour chauffer l'eau en journée, recharge de voiture électrique aux heures solaires, batterie domestique si la rentabilité s'y prête.

Plus vous autoconsommez, plus vous gagnez.

3. Méfiez-vous des devis qui calculent encore la rentabilité sur les anciens tarifs.

Demandez explicitement à votre installateur d'intégrer les nouveaux paramètres dans sa simulation.

Un installateur qui vous présente encore une vente de surplus à 4 c€/kWh en juin 2026, c'est rédhibitoire.

Qui est concerné par ces nouveaux tarifs ?

Le nouvel arrêté s'applique aux demandes complètes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026.

  • Si vous avez déjà signé un contrat ou déposé votre dossier avant cette date : vous conservez votre ancien tarif pendant 20 ans. Pas de remise en cause rétroactive.
  • Si vous êtes en cours de réflexion : c'est avec les nouveaux chiffres qu'il faut désormais raisonner.

Le solaire reste pertinent, l'électricité que vous produisez et consommez vous-même reste très rentable face à un kWh réseau à 0,25 €.

Mais le calcul change. Renseignez-vous, comparez plusieurs devis, et surtout : faites vos propres simulations avec les nouveaux chiffres avant de vous engager.

La solution : le stockage virtuel  

Une option monte en puissance depuis quelques années, et le nouvel arrêté la rend encore plus séduisante : le stockage virtuel.

Vous envoyez votre surplus chez un opérateur partenaire, un compte épargne, mais pour vos kilowattheures.

Quand vous en avez besoin (le soir, l'hiver, par temps couvert), vous le récupérez. Sans batterie physique chez vous, sans usure de matériel.

Reste à comprendre ce que ça coûte vraiment. Comptez :

  • 0,10710 € TTC/kWh d'acheminement sur l'électricité que vous récupérez contre ~0,25 €/kWh au tarif réseau classique.
  • Un abonnement d'environ 1,20 € par kWc installé et par mois (soit ~3,60 €/mois pour une installation de 3 kWc, ~43 €/an).
  • Des frais de mise en service entre 270 et 300 € en une fois, à régler à l'opérateur lors de la souscription.

Sur le papier, le calcul est vite fait : récupérer son surplus à 0,107 €/kWh quand le prix de vente n'est plus que de 0,011 €/kWh, ça change la donne.

Voyons concrètement ce que ça donne pour notre installation type de 3 kWc.

Reprenons notre exemple : 2 310 kWh de surplus injectés par an.

Les coûts :

  • Acheminement : 2 310 × 0,10710 = 247,40 €
  • Abonnement : 3 × 1,20 € × 12 mois = 43,20 €
  • Mise en service amortie sur 20 ans : 285 € / 20 = 14,25 €
  • Total = -305 €.

Rachat des 2 310 kWh au réseau (tarif plein)−578 €

Vous économisez 247 €/par an.

Le stockage virtuel ne remplace pas une bonne stratégie d'autoconsommation directe (qui reste toujours la plus rentable, puisque gratuite).

Mais en complément, dans le nouveau contexte tarifaire, il transforme un surplus quasi sans valeur en kilowattheures réellement compétitif.

Source : Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d'achat de l'électricité photovoltaïque, publié au Journal Officiel du 4 juin 2026 (texte n° 29 sur 127).
Photo de l'auteur de l'article
Cet article a été validé par 
Léna
Adjointe Direction Commerciale

Léna est adjointe à la Direction Commerciale de Nouvel'R Énergie. Elle suit de près tous les dossiers d'installation depuis plus de 6 ans. Son expertise sur le photovoltaïque s'étend de la technique à l'administratif.

🤷 Aucun commentaire pour le moment. Rédigez le premier !
Laissez un commentaire
Merci ! Votre commentaire sera ajouté après validation par notre équipe !
Oups ! Une erreur est survenue.
Contactez nos conseillers 5j/7 de 09h à 18h.
Demandez un devis gratuit et sans aucun engagement ou posez nous vos questions.
Appel gratuit
09 88 99 98 00